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Discours du Général de Gaulle le 4 juin 1958 au Forum d'Alger
- Réalisateur(s) : Yves FERARY
- Année : 1958
- Durée : 00:07:48:22
- Coloration : NB et Couleur
- Format : Film 8 mm
- Son : Muet
- Genre : Familial
Venue du Général de Gaulle au Forum d'Alger le 4 juin 1958.
Drapeau français. Grands immeubles. Fanion orange.
Le général prononce son discours depuis le balcon du quartier général.
Défilé militaire.
Une cérémonie composée de militaires en bérets rouge a lieu.
Militaires en béret rouge.
Ce jour-là, De Gaulle s'adresse au peuple algérien par ces mots "Je vous ai compris".
Séquence issue du support n°0250FH0001 à 18'03.
Collection Yves FERARY
Contexte historique, par Julien Cahon, historien et maître de conférence à l’UPJV :
”Le général de Gaulle est en déplacement à Alger alors qu'il vient de faire son retour en politique. Il est appelé à la Présidence du Conseil suite à la crise du 13 mai 1958, une tentative de coup d'État militaire par une partie de l'armée française (qui a créé un comité de salut public – on voit une grande pancarte dans le film), afin d'imposer le maintien de l'Algérie française, ce que souhaite aussi la communauté française installée en Algérie dite pieds-noirs. Ils attendent de de Gaulle qu'il se prononce en faveur de l'Algérie française, contre les indépendantistes. De Gaulle vient d'être investi des pleins pouvoirs pour réformer les institutions (fin de la IVe République) et résoudre "la question algérienne" (une guerre qui ne dit pas son nom, en cours depuis 1954). Le but de cette visite est de calmer les esprits (rassurer la population civile comme militaire, la population française comme algérienne musulmane et ainsi affirmer sa légitimité de ce côté de la Méditerranée et amorcer une sortie de cette crise politique et militaire qui met la France au bord de la guerre civile). Son célèbre discours et sa fameuse phrase adressée à la foule algéroise (mais aussi à tous les Français de métropole, le discours est médiatisé à la TV) est volontairement consensuel (« fraternité », « Français à part entière » ; « réconciliation ; ne prononce pas l'expression « Algérie française ») et ambiguë (« Je vous ai compris »). Chaque camp peut ainsi l'interpréter comme il l'entend…
Rien n’est alors précisé et rien n’est encore réglé, mais cette stratégie du général de Gaulle consiste à gagner du temps, ainsi que la confiance en métropole et en Algérie pour ensuite proposer un ensemble de réformes permettant de maintenir l'Algérie dans le cadre français tout en mettant fin au conflit. L’une d’elles est abordée dans le discours : l'égalité entre Européens et musulmans au sein d'un collège électoral unique. C’est à partir de 1960 que le général de Gaulle chemine pragmatiquement vers d’autres solutions (car il sait que le monde est en train de changer) : l’autodétermination puis l'acceptation d'une Algérie algérienne avec son indépendance (1962).”
Discours prononcé par le général de Gaulle, président du Conseil, au Forum d’Alger (Algérie).
"Je vous ai compris.
Je sais ce qui s’est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c’est celle de la rénovation et de la fraternité.
Je dis la rénovation à tous égards. Mais très justement vous avez voulu que celle-ci commence par le commencement, c’est-à-dire par nos institutions, et c’est pourquoi me voilà. Et je dis la fraternité parce que vous offrez ce spectacle magnifique d’hommes qui, d’un bout à l’autre, quelles que soient leurs communautés, communient dans la même ardeur et se tiennent par la main.
Eh bien ! de tout cela, je prends acte au nom de la France et je déclare, qu’à partir d’aujourd’hui, la France considère que, dans toute l’Algérie, il n’y a qu’une seule catégorie d’habitants : il n’y a que des Français à part entière, des Français à part entière, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.
Cela signifie qu’il faut ouvrir des voies qui, jusqu’à présent, étaient fermées devant beaucoup.
Cela signifie qu’il faut donner les moyens de vivre à ceux qui ne les avaient pas.
Cela signifie qu’il faut reconnaître la dignité de ceux à qui on la contestait.
Cela veut dire qu’il faut assurer une patrie à ceux qui pouvaient douter d’en avoir une.
L’armée, l’armée française, cohérente, ardente, disciplinée, sous les ordres de ses chefs, l’armée éprouvée en tant de circonstances et qui n’en a pas moins accompli ici une œuvre magnifique de compréhension et de pacification, l’armée française a été sur cette terre le ferment, le témoin, et elle est le garant, du mouvement qui s’y est développé.
Elle a su endiguer le torrent pour en capter l’énergie. Je lui rends hommage. Je lui exprime ma confiance. Je compte sur elle pour aujourd’hui et pour demain.
Français à part entière, dans un seul et même collège ! Nous allons le montrer, pas plus tard que dans trois mois, dans l’occasion solennelle où tous les Français, y compris les 10 millions de Français d’Algérie, auront à décider de leur propre destin.
Pour ces 10 millions de Français, leurs suffrages compteront autant que les suffrages de tous les autres.
Ils auront à désigner, à élire, je le répète, en un seul collège leurs représentants pour les pouvoirs publics, comme le feront tous les autres Français.
Avec ces représentants élus, nous verrons comment faire le reste.
Ah ! Puissent-ils participer en masse à cette immense démonstration tous ceux de vos villes, de vos douars, de vos plaines, de vos djebels ! Puissent-ils même y participer ceux qui, par désespoir, ont cru devoir mener sur ce sol un combat dont je reconnais, moi, qu’il est courageux… car le courage ne manque pas sur la terre d’Algérie, qu’il est courageux mais qu’il n’en est pas moins cruel et fratricide !
Oui, moi, de Gaulle, à ceux-là, j’ouvre les portes de la réconciliation.
Jamais plus qu’ici et jamais plus que ce soir, je n’ai compris combien c’est beau, combien c’est grand, combien c’est généreux, la France !
Vive la République !
Vive la France !"
Source : https://www.elysee.fr/
Drapeau français. Grands immeubles. Fanion orange.
Le général prononce son discours depuis le balcon du quartier général.
Défilé militaire.
Une cérémonie composée de militaires en bérets rouge a lieu.
Militaires en béret rouge.
Ce jour-là, De Gaulle s'adresse au peuple algérien par ces mots "Je vous ai compris".
Séquence issue du support n°0250FH0001 à 18'03.
Collection Yves FERARY
Contexte historique, par Julien Cahon, historien et maître de conférence à l’UPJV :
”Le général de Gaulle est en déplacement à Alger alors qu'il vient de faire son retour en politique. Il est appelé à la Présidence du Conseil suite à la crise du 13 mai 1958, une tentative de coup d'État militaire par une partie de l'armée française (qui a créé un comité de salut public – on voit une grande pancarte dans le film), afin d'imposer le maintien de l'Algérie française, ce que souhaite aussi la communauté française installée en Algérie dite pieds-noirs. Ils attendent de de Gaulle qu'il se prononce en faveur de l'Algérie française, contre les indépendantistes. De Gaulle vient d'être investi des pleins pouvoirs pour réformer les institutions (fin de la IVe République) et résoudre "la question algérienne" (une guerre qui ne dit pas son nom, en cours depuis 1954). Le but de cette visite est de calmer les esprits (rassurer la population civile comme militaire, la population française comme algérienne musulmane et ainsi affirmer sa légitimité de ce côté de la Méditerranée et amorcer une sortie de cette crise politique et militaire qui met la France au bord de la guerre civile). Son célèbre discours et sa fameuse phrase adressée à la foule algéroise (mais aussi à tous les Français de métropole, le discours est médiatisé à la TV) est volontairement consensuel (« fraternité », « Français à part entière » ; « réconciliation ; ne prononce pas l'expression « Algérie française ») et ambiguë (« Je vous ai compris »). Chaque camp peut ainsi l'interpréter comme il l'entend…
Rien n’est alors précisé et rien n’est encore réglé, mais cette stratégie du général de Gaulle consiste à gagner du temps, ainsi que la confiance en métropole et en Algérie pour ensuite proposer un ensemble de réformes permettant de maintenir l'Algérie dans le cadre français tout en mettant fin au conflit. L’une d’elles est abordée dans le discours : l'égalité entre Européens et musulmans au sein d'un collège électoral unique. C’est à partir de 1960 que le général de Gaulle chemine pragmatiquement vers d’autres solutions (car il sait que le monde est en train de changer) : l’autodétermination puis l'acceptation d'une Algérie algérienne avec son indépendance (1962).”
Discours prononcé par le général de Gaulle, président du Conseil, au Forum d’Alger (Algérie).
"Je vous ai compris.
Je sais ce qui s’est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire. Je vois que la route que vous avez ouverte en Algérie, c’est celle de la rénovation et de la fraternité.
Je dis la rénovation à tous égards. Mais très justement vous avez voulu que celle-ci commence par le commencement, c’est-à-dire par nos institutions, et c’est pourquoi me voilà. Et je dis la fraternité parce que vous offrez ce spectacle magnifique d’hommes qui, d’un bout à l’autre, quelles que soient leurs communautés, communient dans la même ardeur et se tiennent par la main.
Eh bien ! de tout cela, je prends acte au nom de la France et je déclare, qu’à partir d’aujourd’hui, la France considère que, dans toute l’Algérie, il n’y a qu’une seule catégorie d’habitants : il n’y a que des Français à part entière, des Français à part entière, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs.
Cela signifie qu’il faut ouvrir des voies qui, jusqu’à présent, étaient fermées devant beaucoup.
Cela signifie qu’il faut donner les moyens de vivre à ceux qui ne les avaient pas.
Cela signifie qu’il faut reconnaître la dignité de ceux à qui on la contestait.
Cela veut dire qu’il faut assurer une patrie à ceux qui pouvaient douter d’en avoir une.
L’armée, l’armée française, cohérente, ardente, disciplinée, sous les ordres de ses chefs, l’armée éprouvée en tant de circonstances et qui n’en a pas moins accompli ici une œuvre magnifique de compréhension et de pacification, l’armée française a été sur cette terre le ferment, le témoin, et elle est le garant, du mouvement qui s’y est développé.
Elle a su endiguer le torrent pour en capter l’énergie. Je lui rends hommage. Je lui exprime ma confiance. Je compte sur elle pour aujourd’hui et pour demain.
Français à part entière, dans un seul et même collège ! Nous allons le montrer, pas plus tard que dans trois mois, dans l’occasion solennelle où tous les Français, y compris les 10 millions de Français d’Algérie, auront à décider de leur propre destin.
Pour ces 10 millions de Français, leurs suffrages compteront autant que les suffrages de tous les autres.
Ils auront à désigner, à élire, je le répète, en un seul collège leurs représentants pour les pouvoirs publics, comme le feront tous les autres Français.
Avec ces représentants élus, nous verrons comment faire le reste.
Ah ! Puissent-ils participer en masse à cette immense démonstration tous ceux de vos villes, de vos douars, de vos plaines, de vos djebels ! Puissent-ils même y participer ceux qui, par désespoir, ont cru devoir mener sur ce sol un combat dont je reconnais, moi, qu’il est courageux… car le courage ne manque pas sur la terre d’Algérie, qu’il est courageux mais qu’il n’en est pas moins cruel et fratricide !
Oui, moi, de Gaulle, à ceux-là, j’ouvre les portes de la réconciliation.
Jamais plus qu’ici et jamais plus que ce soir, je n’ai compris combien c’est beau, combien c’est grand, combien c’est généreux, la France !
Vive la République !
Vive la France !"
Source : https://www.elysee.fr/
